Test de Siren Blood Curse, visite sanglante du Japon à l'ancienne.

Publié le par PsEuDoLeSs


Inaugurée en 2003 et conçue par Keiichiro Toyama, connu comme le créateur artistique sur Silent Hill, la série Forbidden Siren a su se faire une place conséquente dans le domaine du survival-horror typiquement nippons. Notamment à l'aide d'une feature originale, la possibilité de voir à travers les yeux des assaillants. Après deux épisodes réussis sur PS2, la sirène s'apprête à gronder sur PS3 et nous revient dans une relecture du premier épisode.

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Reporter sans frontière :

En 2007, une équipe de TV américaine réalise un reportage dans un petit village perdu en plein territoire japonais nommé Hanuda. Alors que la nuit vient de surprendre la troupe journalistique, cette dernière est temoin d'un étrange rituel qui va rapidement être interrompue par l'intervention d'un jeune homme. Sous la panique, les membres de l'équipe s'enfuient chacun de leurs côtés. Une panique provoquée par la population locale, apparemment possédée par un étrange mal les rendant très agressifs.
Le jeu propose donc de suivre à tour de rôle, les diverses péripéties de chacun des personnages. Leur lutte pour survivre, leur passif, les liens qui les réunissent ainsi que leur quête d'un moyen de mettre les voiles.


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Dans l'épisode précédent ...

De la même façon que le dernier Alone in the Dark en date, ou qu'un certain Alan Wake. Siren Blood Curse opte pour le découpage épisodique de son intrigue et propose donc douze épisodes plus ou moins longs, dans lesquels vous ne jouerez pas forcément avec la même personne tout du long. Chaque épisodes se concluant sur un cliffhanger et sur une bande-annonce du prochain épisode et démarrant par un bref résumé, histoire que les gens au rythme de jeu plus posé ne perdent rien. Le premier épisode agit comme un tutoriel et vous expose les différents personnages principaux au fil des chapitres.
Si l'intrigue en elle-même n'est pas renversante, elle assure tout de même son lot de rebondissement et est très agréable à suivre. Avec son éventail de personnage conséquent qui passe du mec sûr de lui armé d'un fusil, à une fillette totalement désemparée, le scénario parvient à enquiller tout le cahier des charges classique au genre survival. Des grands moments de détresse, aux poursuites endiablées et aux séquences émotions, tout y passe avec une certaine maîtrise.


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La rigidité inhérente au genre :

Siren Blood Curse est donc un survival en vue à la troisième personne. Comme dit précédemment, le joueur incarnera divers protagonistes tout au long de l'aventure. Chaque épisode étant composé de plusieurs chapitres, chaque chapitre représentant un objectif. Retrouver un tel à un endroit prévu, s'échapper d'un hôpital, bien entendu un objectif précis dans un temps de jeu plus ou moins bref (les chapitres contiennent des checkpoints et n'ont pas une durée de vie supérieure à une bonne heure, a moins de buter) cela empêche une certaine liberté. Il y a souvent un seul itinéraire et l'on n'est jamais vraiment perdu, au début peut-être à cause d'une carte massive difficilement déchiffrable au premier abord, mais par la suite les situations s'enchaînent sans trop de problèmes. De la même façon qu'Alan Wake, Siren Blood Curse maquille donc la plupart du temps ses couloirs et dispose de quelques salles plus imposantes, ici symbolisées en parcelles de village.
Pour ce qui est du gameplay à proprement parlé, ceux qui ont déjà joué aux précédents opus retrouveront leurs marques. Pour les nouveaux voici a peu près le déroulement typique d'une partie. Les ¾ du temps, vous commencez sans armes, avec uniquement une lampe de poche. On vous donne votre objectif et les sous étapes utiles pour le réaliser, comme trouver une arme par exemple. Dans Siren Blood Curse, comme il a déjà été dit et redit, on n'incarne pas un soldat. A l'instar de Silent Hill, aucun personnage ne sait se défendre correctement (cela se sent dans le côté pataud des combats, les ennemis par contre n'hésiteront pas à vous sauter à la gorge), sans arme un seul ennemi est déjà de trop et il faudra courir. Les ennemis parlons en, les Shibitos (c'est leurs noms) furent humains à une époque, mais sont aujourd'hui sous l'emprise d'une force démoniaque. Ils ont cependant gardé (pour la plupart) leurs aspects humains ainsi donc que leur conscience. Ils n'hésiteront pas à vous prendre à revers s'ils en ont l'occasion et fouillent les cachettes possibles. Une fois une arme sous la main, il sera possible de s'en débarrasser, mais un Shibito ne meurt jamais et il est tout à fait possible qu'en revenant sur vos pas quelques minutes plus tard, le cadavre se soit déjà relevé.


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T'as de beaux yeux tu sais :

La feature originale dont j'ai parlé plus haut est évidemment toujours de la partie. La " vision Shibito " permet donc de faire apparaître une fenêtre où l'on discerne l'action par les yeux d'un Shibito. Non content de servir de moyen de prévention afin de savoir combien d'autochtones traînent dans un couloir, cette vision sera aussi utilisée dans diverses énigmes. Sacrément efficace et ajoutant une bonne dose de stress, le fait de scinder l'écran de façon abrupte par moment (quand vous êtes repéré par exemple) entraîne souvent un soucis de lisibilité. Le jeu étant déjà très sombre à la base et les couloirs souvent exiguës et difficile à pratiquer. Se voir couper un bon quart d'écran et devoir en plus courir pour trouver refuge dans un noir quasi-complet, ce n'est pas évident, d'autant que le perso rechigne parfois à grimper une corniche ou sauter un petit ravin (dans les poursuites, ça provoque la panique et un peu de frustration). Sans compter que l'oeil est facilement attiré vers l'autre côté où l'on voit le Shibito qui vous court après sous filtre rouge. Fort heureusement la fenêtre est désactivable, mais si le fait de devoir appuyer sur L2 en pleine course peut sembler déroutant au début, il deviendra un réflexe souvent salvateur par la suite. Plus de peur donc que de mal. Cependant, soyez avertis, Siren Blood Curse est un survival très exigeant, qui demande d'être rigoureux, une erreur est souvent fatale et il n'est pas rare de recommencer certains passages plusieurs fois.


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C'est pas parce que je degouline du sang de partout que ça fait de moi quelqu'un de foncièrement effrayant :


Techniquement, Siren Blood Curse ne profite clairement pas de toute la puissance de la console HD de Sony. La grande obscurité du titre sert aussi à rendre moins flagrant certains angles et autres petits accrocs, cependant, le jeu offre un rendu fort agréable. Une modélisation des personnages convaincantes et des environnement nippons à 200%. Rien de mémorable donc, mais tout à fait propre et sans bug et/ou retard d'affichage. Une réalisation qu'on ne peut évidemment pas mettre dans le haut du panier des productions PS3, mais qui tire suffisamment son épingle du jeu pour être très nettement au-dessus de la moyenne. Le résultat n'agresse pas les yeux, est plaisant à regarder et surtout, est totalement crédible et en accord avec l'univers qu'il dessert. C'est bien là ce qu'il y a de plus important.

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Bouh ! Fais moi peur !

Parce qu'un survival, ça se joue aussi avec les oreilles, l'aspect sonore se doit d'être lui aussi à la hauteur. Car il rend l'immersion possible et, de ce fait, il installe la peur inconsciente. Cette tension souvent bien plus effrayante que la présence d'un monstre qui fait que l'on avance à tâtons, prêt à voir tout et n'importe quoi se produire sous nos yeux. Une bonne ambiance sonore mettra les sens du joueur à fleur de peau, son imaginaire ira à fond les ballons et à ce moment-là, c'est gagné. Siren Blood Curse s'en tire parfaitement bien, avec des bruitages réalistes, mais convainquants. Une bande-son diablement efficace mêlant musique traditionnelle et chants qui fait froid dans le dos. Mais aussi, un doublage anglais/japonais (le jeu mêlant les deux langues pusique l'on incarne des américains au Japon) simple et efficace. Pas d'esbroufes donc dans Siren Blood Curse, un travail simple pour un jeu franc qui respire les bonnes intentions des développeurs. En plus, ça fait peur.
 
Un mot maintenant sur le contenu. Pour ce qui est de la durée de vie, que j'ai déjà un peu évoqué plus haut, elle est d'une petite dizaine d'heure. Concrètement, c'est dans la veine des survival, rarement un jeu de ce type a dépassé ce temps. Les joueurs de survival le savent, un bon jeu d'horreur possède toujours ses documents (extraits de journaux, mémos vidéos etc.) relatant les évènements antérieurs au jeu, afin d'épaissir le background du jeu tout en donnant parfois des indices sur le pourquoi du comment. Siren Blood Curse a lui aussi droit à ce genre de petites choses. Ces archives sont ici bien plus ardues à obtenir que la plupart du temps et il faudra souvent prendre pas mal de risque et s'aventurer hors du sentier de la mission principale pour mettre la main dessus. Ce qui viendra sans nul doute, gonfler la durée de vie de ceux qui désirent en savoir le maximum. Plus insolite, ces archives contiennent aussi l'inventaire de toutes les armes du jeu et, si vous le désirez, vous pourrez essayer de tous les avoir. De la batte de baseball au cendrier en passant par la masse ou le trophée de bowling, il y a de quoi faire pour les joueurs atteint de collectionite.

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Console : PS3
Editeur : Sony
Devloppeur : Sony
Genre : Survival-horror
Mode de jeu : Aventure solo uniquement




L'avis de
PsEuDoLeSssur Siren Blood Curse:



Au final : 16/20


 

Siren Blood Curse est un survival qui ne mise sur aucun artifice pour vous convaincre. Que ce soit du point de vue du scénario, de la réalisation, de la bande son, tout pourrait se résumer de cette façon ; simple, mais efficace. Très efficace même, car Siren Blood Curse est un survival exigeant, mais qui ne vous découragera jamais. On veut savoir le fin mot de l'histoire de toutes ces intrigues qui s'entremêlent. Bien-sûr tout n'est pas parfait, soucis de jouabilité (couloirs trop étroits + fuite = aïe), quelques problèmes de lisibilité (carte, vision Shibito des fois encombrante), scénario convenu par moment, mais rien qui ne mérite de bouder ce titre. Siren Blood Curse, c'est avant tout le dernier bastion de l'horreur japonais sur console HD et je recommande, à tous ceux qui aiment sursauter, de l'essayer au plus vite.
 

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" Le dernier représentant de l'horreur nippons est sur PS3 "

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NeoJin 10/03/2011 17:50



Je me suis souvent demandé ce qu'il valait ce jeu, tu m'as donné envie de l'essayer.


 


J'suis pas un grand amateur du genre mis à part Silent Hill justement et le 1er RE, mais celui ci me tente bien.